Communs

On parle de commun  chaque fois qu'une communauté de personnes est animée par le même désir de prendre en charge une ressource dont elle hérite ou qu'elle crée et qu'elle s'auto-organise de manière démocratique, conviviale et responsable pour en assurer l'accès, l'usage et la pérennité dans l'intérêt général et le souci du 'bien vivre' ensemble et du bien vivre des générations à venir.

Source :

https://wiki.remixthecommons.org/index.php?title=Le_bien_commun_est_sur_...

Productions de capsules vidéo de définitions multiculturelle et multingues des biens communs et leur exploitation multimédia. Cette initiative a été lancée lors de la conférence ECC de Berlin en 2010 par Alain Ambrosi de Communautique.
https://wiki.remixthecommons.org/index.php?title=Projet_:_D%C3%A9finir_l...

Par Alain Ambrosi, le 17 octobre 2018

On peut définir les communs comme «des ensembles de ressources en accès partagé et collectivement gouvernées au moyen d’une structure de gouvernance assurant une distribution des droits et des obligations entre les participants au commun (commoners) et visant à l’exploitation ordonnée de la ressource, permettant sa reproduction dans le long terme».

Cette définition repose sur trois caractéristiques : 1) une ressource matérielle ou immatérielle en accès partagé, 2) un système de droits et d’obligations qui précise les modalités d’accès et de partage entre les participants et participantes au commun et 3) une structure de gouvernance qui veille au respect de ces droits et obligations et à la garantie de la reproduction à long terme de la ressource.

 

Source :

Marie Cornu, Fabienne Orsi & Judith Rochfeld (2017). Dictionnaire des biens communs. Paris: Presses Universitaires de France, p. 267-268.

Par Jessica Leblanc, le 11 mars 2021

Moins de l'ordre de la définition que d'une contextualisation historico-économique. Les auteurs sont parmi les principaux penseurs de cette notion dans le monde francophone.

«  La revendication du commun a d’abord été portée à l’existence par les luttes sociales et culturelles contre l’ordre capitaliste et l’État entrepreneurial. Terme central de l’alternative au néolibéralisme, le “commun” est devenu le principe effectif des combats et des mouvements qui, depuis deux décennies, ont résisté à la dynamique du capital et ont donné lieu à des formes d’action et de discours originales. Loin d’être une pure invention conceptuelle, il est la formule des mouvements et courants de pensée qui entendent s’opposer à la tendance majeure de notre époque: l’extension de l’appropriation privée à toutes les sphères de la société, de la culture et du vivant »

Pierre Dardot et Christian Laval

Par Émilien Gruet, le 26 février 2020

Proposition de définition d’un commun :

En dissociant commun et bien, c’est déjà écarter l’idée qu’un bien commun serait une chose considérée comme naturelle, par exemple affirmer que l’eau est un bien commun universel ; on peut certes le revendiquer mais sans pour autant admettre que cela va de soi, l’histoire et l’actualité sociale et politique se chargeant de le démontrer ; c’est ensuite en faire un nom, puis un concept ainsi défini :

Un COMMUN est une construction sociale générée par un processus reliant :

  • Un collectif agissant (avec pour règle de base le volontariat).
  • Une ressource (matérielle ou immatérielle), bien public ou bien privé.
  • Un ensemble de droits d’accès, de bon usage de cette ressource à protéger (règlements définis en interne et (ou) par des instances externes).

Pierre Thomé dans un blogue publié dans Alternatives économiques

Par Émilien Gruet, le 26 février 2020

Un commun c’est un système de droits et d’obligations autour d’une ressource mis en partage par une communauté d’usagers.

Benjamin Corriat dans l'émission "Matière à penser" en juillet 2019

Par Émilien Gruet, le 26 février 2020

Que signifie exactement le terme "communs" ?

À force d’être employé à tort et à travers, le terme « communs » a fini par devenir équivoque. Souvent, il est utilisé pour qualifier une sorte de troisième voie économique entre l’État et le marché. Pas faux, mais un peu simpliste. Pour le chercheur américain David Bollier, il s’agit plutôt d’une « nouvelle manière de penser et de prendre soin des ressources qui n’appartiennent ni à un acteur privé, ni à un acteur public, et qui sont partagées et gérées par une communauté qui en définit les droits d’usage (accès, partage, circulation) ». C’est cette notion de communauté qui fait tout le sel des communs : « Pour qu’il y ait commun, il faut une communauté qui décide de s’auto-organiser pour placer cette ressource en bien commun, en gérer les conditions d’accès et pour la protéger contre les différents risques qui la menacent, notamment son appropriation par des acteurs du secteur privé », écrit Michel Briand, membre du Conseil national du numérique et ancien adjoint écologiste à la mairie de Brest, sur le blog de la revue Éthique publique.

Par Émilien Gruet, le 26 février 2020