Décroissance

La décroissance est une réduction planifiée de l’utilisation de l’énergie et des ressources visant à rétablir l’équilibre entre l’économie et le monde du vivant, de manière à réduire les inégalités et à améliorer le bien-être de l’Homme.

Source :

Jason Hickel

Par Joël Nadeau, le 20 septembre 2021

Trois principes fondamentaux doivent orienter selon nous la transition vers des sociétés post-croissance. Il nous faut :

  • Produire moins – Il n’y a jamais eu de découplage entre la croissance économique et ses répercussions sur le plan écologique. Et rien ne permet de penser que cela puisse être le cas à l’avenir, surtout pas dans les délais dont nous disposons. La seule manière de mettre un terme au désastre écologique en cours est donc de produire moins qu’on ne le fait actuellement et de fixer des limites à la quantité d’énergie et de matière que nous transformons pour subvenir à nos besoins. Nous refusons à ce titre le solutionnisme technologique.
  • Partager plusUne réduction de la production dans des sociétés profondément inégalitaires serait intolérable pour celles et ceux qui n’ont déjà pas de quoi vivre dignement. Cette réduction doit donc s’accompagner inévitablement d’une redistribution de nos moyens d’existence, non seulement entre les plus riches et les autres, mais aussi au profit des êtres vivants non-humains qui peuplent cette planète.
  • Décider ensemble – Ces impératifs de réduction de la production et de redistribution de nos moyens d’existence ont d’autant plus de chances d’être mis en œuvre qu’ils seront voulus par les populations concernées. Il faut donc, autant que faire se peut, décider ensemble des limites de ce qui sera produit et de la manière dont nos richesses seront partagées. Une démocratisation radicale de nos sociétés qui prend en compte les rapports de pouvoir et de domination intersectionnels s’impose donc également.

Par Joël Nadeau, le 3 novembre 2021

Le concept de décroissance désigne une marche à suivre, un ensemble de moyens et de méthodes à implanter afin de réduire significativement l’impact environnemental des activités économiques à un niveau soutenable. La décroissance est un mouvement politique issu d’une diversité de courants philosophiques et scientifiques (la critique de la technique par J. Ellul et I. Illich, l’écocentrisme d’A. Leopold, l’économie écologique de N. Georgescu-Roegen, etc.) Ce mouvement, s’inspirant largement des critiques du développement durable et de la croissance verte développée en économie écologique, défend que la croissance économique infinie dans un monde aux ressources finies est une impossibilité. Même si la croissance capitaliste infinie était en théorie possible, les théoriciens de la décroissance argumentent qu’elle devrait être rejetée sur des bases éthiques (aliénation, destruction des communautés locales, etc.)  La décroissance est donc une nécessité technique que les sociétés devront coordonner et planifier, à défaut de quoi elle s'imposera de manière chaotique par suite de l'épuisement des ressources naturelles non-renouvelables (métaux, combustibles fossiles, etc.)

Généralement, la décroissance est associée à des pratiques que le Nord global (ensemble des économies développées) devrait mettre en place afin afin de permettre aux pays du Sud global de poursuivre temporairement leur développement économique pour permettre une meilleure qualité de vie à leur population. 

Une définition conventionnelle de la décroissance est une diminution et une réduction équitable de la production économique et de la consommation de ressources dans une perspective d’amélioration du bien-être et des conditions écologiques à l’échelle globale et à long terme (Kallis et Schneider, cité in Kirchner, 2010 : 544). L’une des définitions des méthodes à employer pour ce faire fut popularisé par Serge Latouche par l’idée des cinq ‘R’, soit redistribuer, restructurer, réduire, réutiliser et recycler. Toutefois, la décroissance ne cherche pas qu’à réduire. Elle cherche à compenser la diminution de la consommation et de la production matérielle par une augmentation de la qualité de vie par l’intermédiaire des dimensions socio-qualitatives du bien être, tel que la multiplication des liens sociaux, la résilience des communautés, etc.

Source :

Kirchner, C. (2010). Economic de-growth vs steady-state economy, Journal of Cleaner Production, Volume 18, pp. 544-551
D’Alisa, G., Demaria, F. et Kallis, G. (dir.) (2015). Décroissance: vocabulaire pour une nouvelle ère, Montréal, Éditions Écosociété, 371 p.
Abraham, Y-M. (2014) Décolonisons notre imaginaire, Conférence Ted, Hec Montréal, https://www.youtube.com/watch?v=N7m8y7YtbcQ

Par Charles Guay, le 2 mars 2020