Entreprise de la transition écologique

Certaines entreprises privées à but principalement lucratif placent l’action environnementale au centre de leur modèle d’affaires. L’Allier réfère à ces entreprises par le concept d’«entreprises de la transition écologique» (ETE) dans une étude qui leur est consacrée, basée sur un échantillon de 170 entreprises québécoises. L’Allier élabore la définition suivante. Une ETE est une entreprise privée à but lucratif dont la direction est hautement conscientisée vis-à-vis les enjeux écologiques et tente d’agir sur eux, notamment par l’adoption d’indicateurs biophysiques (énergie consommée, ressources exploitées, déchets générés, etc.) De surcroît, elle est très consciente de sa responsabilité sociale, tente de répondre à un besoin social et créer des bénéfices sociaux. Elles tentent généralement de développer de nouveaux marchés dans les filières de la réduction/valorisation des déchets et de la pollution et sont typiquement de jeunes PME (L’Allier, 2016)

Critères d’identification des entreprises de la transition écologique (ETE) d’après L’Allier, largement inspirés du modèle d’«entreprises orientées vers la transition» (Transition-oriented business):  

  1. Personnel dirigeant conscient de la gravité de la crise écologique. Cette connaissance ne dépend pas d’ONG relayant l’information au personnel de l’entreprise, mais est autonome au sein de la direction. En particulier, elle est consciente que les changements climatiques et la perte de la biodiversité représentent les deux principales menaces à la stabilité des sociétés humaines.

  2. Cherche à développer un modèle d’affaires contenu dans les limites biophysiques des écosystèmes, par exemple en les préservant ou les restaurant. Elle cherche à réduire l’empreinte de l’économie sur l’environnement. 

  3. Cherche à produire des biens et services économiques profitant à ses clients et à la société. Autrement dit, elle cherche à produire des externalités positives en plaçant la responsabilité sociale de l'entreprise au centre de son modèle d’affaires. Elle vise l’équité sociale et est ouverte à appliquer des critères de performance qualitatifs.

  4. Le personnel dirigeant accepte l’idée que la croissance économique infinie devra éventuellement arrêter pour des considérations environnementales et envisage le bien être social et environnemental comme prioritaire à la croissance économique.

  5. Soutient une transition, et non pas simplement une transformation graduelle et incrémentales, de l’économie. Ne pouvant accomplir une transition seule et le marché étant occupé par de grandes compagnies non-durables, elle évolue typiquement dans une niche.

Source :

L’Allier, Marie-Soleil (2016). Les entreprises de la transition écologique au Québec: caractéristiques et trajectoires, Mémoire de maîtrise, Université du Québec à Montréal, Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale, 275 p.

Par Charles Guay, le 2 mars 2020