Ruralité

L'espace rural se caractérise par une densité de population relativement faible, par un paysage à couverture végétale prépondérante (champs, prairies, forêts, autres espaces naturels), par une activité agricole relativement importante, du moins par les surfaces qu'elle occupe.

La méthode la plus courante consiste à fixer une taille limite entre ville et campagne, limite qui varie cependant sensiblement d'un Etat à l'autre. Le seuil des 2 000 habitants par unité administrative de base (la commune pour la France, par exemple), 1 000 habitants pour la municpalité au Canada.

La notion d'espace rural est donc floue et varie d'un pays à l'autre.

Trois types de dynamiques rurales :

1- Les espaces périurbains, très dépendants des villes pour les emplois comme pour les commerces et les services, connaissent une croissance démographique encore rapide malgré un ralentissement récent et un rajeunissement de leur population.

2- Les espaces ruraux dits « profonds » (ou « fragiles »), éloignés des villes, gardent un accès difficile aux services publics, une couverture en téléphonie mobile insuffisante, des temps d'accès aux réseaux de transport rapides encore longs, comme dans une partie du Massif central, du Sud-ouest et des Alpes du Sud ; ils voient leur population vieillir et connaissent un certain déclin démographique, malgré un accueil important de retraités.

3- Les espaces ruraux dits « vivants », plus ou moins éloignés des villes, gardent un certain équilibre démographique grâce au tourisme ou à des industries traditionnelles adaptables ou à des industries agro-alimentaires récentes soutenues par une agriculture dynamique."
 

Par Jerry Espada, le 5 janvier 2021

Ruralité renvoie au caractère de ce qui est rural, à la «  condition des choses et des gens de la campagne  » (TLFi). La ruralité désigne en cela une territorialité, « un lien, dans sa dimension anthropologique, aux différents contenus de l’espace rural  » (Bouron, Georges, 2015 ; Jean, Périgord, 2017). Elle fait référence à l’ensemble des représentations associées à la vie dans les espaces ruraux (Kayser, 1990 ; Rieutort, 2012), à « une façon d’être au monde » et aux modalités d’un « faire » (les ruralités comme mise en pratiques collectives) (Georges, 2017). La ruralité ainsi transcrite en mode(s) d’habiter implique une relation aux lieux et au local étroite ou spécifique ; antérieurement en termes de sociabilités et de sédentarité, contemporainement en termes de mobilités, de distance à la ville, parfois de marginalité (subie ou choisie), plus largement de valeurs ou de symboles.

Christine Margetic et Nicolas Rouget,

Par Jerry Espada, le 5 janvier 2021

La ruralité « fait référence à l’ensemble des représentations collectives associées à la vie dans les espaces ruraux. Proche de l’idée de mode de vie, le mot est apparu à la fin des années 1990 pour désigner un lien, dans sa dimension anthropologique, aux différents contenus de l’espace rural (de moins en moins agricole mais plus tourné sur l’environnement, le patrimoine et les paysages). Devenue une notion globalisante pour désigner un mode d’habiter (Mathieu, 1996) qui permet d’atténuer une opposition franche entre la ville et la campagne devenue obsolète. On notera cependant qu’une dimension politique tend aujourd’hui à rattraper le terme, et impose d’y apporter un regard critique, tant le monde politique et la presse l’utilise de plus en plus fréquemment (« assises de la ruralité », « hyper-ruralité », défense de la ruralité…). »

  • Source : Jean-Benoît Bouron et Pierre-Marie Georges, Les territoires ruraux en France. Une géographie des ruralités contemporaines, Ellipses, 2015, p. 63.

Par Jerry Espada, le 5 janvier 2021