Risque de fermeture de 200 municipalités : les réactions

Quelle est votre réaction à l'article du Journal de Québec de cette fin de semaine qui évoque le "fort danger de fermeture" de plusieurs municipalités au Québec, notamment en raison du vieillissement de la population? Pierre Bernier, président de la firme de consultants Groupe Ambition, y explique que 200 municipalités pourraient fermer d'ici 2025 et qu'il est "trop tard" pour agir. Le problème, dit-il, "c'est qu'on a un grand territoire et on n’a pas l’argent pour supporter artificiellement les communautés qui ne contribuent pas au développement économique".

Le réactions ont été vives et nombreuses. Martin Soucy, maire de Mont-Joli, une des municipalité citées, a qualifié dans le Journal de Québec ces propose de "discours apocalyptique" qui nuisent aux efforts visant à attirer de nouvelles familles. "Ce genre d’article est disgracieux pour le travail fait depuis plusieurs années et est vraiment dommageable" a écrit sur Facebook Hugues Grimard, maire d'Asbestos, une autre municipalité qui serait à risque selon Pierre Bernier. En entrevue à Radio Gaspésie, Cathy Poirier, mairesse de Percé, admet que plusieurs milieux ruraux au Québec devront s’adapter aux nouvelles réalités démographiques, mais elle estime que l'analyse de M. Bernier "ne tient pas compte des initiatives déjà entreprises dans les dernières années afin d’atténuer la tendance".

«Je ne suis pas prêt à endosser les conclusions de ce rapport qui est très dévastateur et qui nuit à l’image et aux efforts des leaders des régions pour améliorer l’image des régions et de la Gaspésie à l’extérieur» a quant à lui réagit sur TVA Gaétan Lelièvre, ex-ministre péquiste et consultant en développement régional.

La présidente de la conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, Claire Bolduc, rappelle sur Radio-Canada que cette analyse ne s'appuie pas sur un travail terrain : "On a tellement annoncé souvent la fermeture de villages et je l'ai vu quand j'étais à Solidarité rurale. On annonce la fermeture de villages, que ça ne marchera plus, et tout à coup, il arrive une étincelle qui change totalement la dynamique de la communauté". La Fédération québécoise des municipalités a émis un communiqué pour affirmer qu'aucune municipalité n'avait l'intention de fermer ses portes : "Bien que les régions doivent faire face à plusieurs défis, dont la pénurie de main-d’œuvre, le vieillissement de la population et les besoins en infrastructures, la FQM, à titre de porte-parole des régions, mène un travail de tous les instants auprès du gouvernement afin d’obtenir les outils qui permettent à toutes les municipalités de se développer." En entrevue à Radio-Canada, le président de la FQM, Jacques Demers, ajoutait que "ça fait 50 ans qu'il n'y a pas eu une fermeture de municipalité et que là on nous annonce que d'ici six ans, il y en aurait 200... en plus, on y met des noms de municipalités qui travaillent très fort pour attirer chez elles."

Sur les réseaux sociaux, les réactions des habitants de ces 200 municipalités sont également très vives, certains allant jusqu'à évoquer le retour des opérations dignité. Ce mouvement social a émergé dans le Bas-St-Laurant dans les années 1970 en réaction à la volonté du gouvernement du Québec de fermer près d'une centaine de villages et de relocaliser près de 65 000 personnes.

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