2020, la crise du grand confinement - vidéo

Éric Heyer, économiste français, nous explique quels seront les impacts socio-économiques de cette crise que l'Histoire retiendra comme la crise du grand confinement.

Bien qu'il parle de la situation en France, les principes et fonctionnements socio-économiques qu'il évoque ne sont pas si éloignés des nôtres.

  1. Il n'y a pas encore de crise économique, mais plus le confinement durera plus il y aura des séquelles économiques importantes. La pire situation serait de relancer et de reconfiner.  L'économie n'aime pas le yo-yo.
  2. Lors d'une crise sanitaire, le soutien du gouvernement est essentiel pour réduire toute crise économique.  Contrairement à ce qu'on croit, la plupart des États, même endettés, ont une bonne capacité à s'endetter encore plus.  
  3. Alors que les pays développés n'avaient jamais autant généré de richesses, il y avait de la pauvreté et des inégalités importantes. Définitivement, cette pauvreté et ces inégalités vont augmenter.  C'est là que les États devront faire un choix entre donner les moyens aux entreprises d'embaucher pour qu'un maximum de personnes aient des revenus, soit de devenir plus "État providence" afin de réduire la pauvreté. 
  4. Les emplois des secteurs touristiques et culturels sont les plus menacés par un confinement qui s'étire (saison estivale) et l'économie des pays dont le tourisme représente une grosse part de leur production sera d'autant plus affectée. 
  5. Il faudra d'abord chercher à remettre tout le monde au travail plutôt que de faire travailler plus ceux qui ont un travail.
  6. Le tout dépend aussi de la relance de la consommation, mais cette dernière va dépendre elle-même de la confiance des consommateurs en l'avenir (les gens vont se demander si la crise est derrière ou devant eux).  Plus ils penseront que le pire est à venir, moins ils consommeront. 

Pour Éric Heyer, sans relance de la consommation point de salut. 

L'analyse de Bue Rübner Hansen (rédacteur au magazine Viewpoint) lui donne raison.  Les marchés financiers se comportent bizarrement à un niveau jamais vu depuis 2008. L’argent s’écoule des actions, mais pas vers des actifs plus sûrs comme les obligations ou l’or. Si l’argent ne circule pas, ce n’est pas parce qu’il est bloqué dans des investissements ou dans l’épargne. Le problème, c’est que l’argent n’est tout simplement pas là. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’une crise de liquidité, mais de solvabilité, une crise de l'offre et de la demande.  En fait, une crise de la dette généralisée qui se profile à l’horizon.  L'issue dépendra de la façon dont les crises économique, écologique et de santé publique se dérouleront et s’entrecroiseront. Les relations entre les forces politiques, organisationnelles et de classe sont toutes importantes, tout comme la qualité et la force des interventions intellectuelles. En d’autres termes, l’issue des prochaines années dépendra en partie, et peut-être en grande partie, de ce que nous ferons dans les mois à venir.

Comment peut-on à la fois réduire la consommation pour des raisons climatiques et la pauvreté pour des raisons sociales, tout en évitant une crise économique sans s'endetter?  Quel est le modèle, le système qui permet tout ça?  Le développement d'une économie sociale et solidaire sur tous les territoires? 

Par quoi on commence?

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