Des élus estriens proposent de nationaliser le réseau Internet

Au Québec, le service d'Internet haute vitesse et mobile fait défaut sur encore trop de territoires régionaux et, quand le service se rend, il est bien souvent tarifé au-delà du prix de marché. 

Évidemment, la logique de rentabilité financière des entreprises privées empêche une couverture 100% des territoires non suffisamment dense en population.  Pourtant, depuis plus d'une décennie, les deux palliers de gouvernement « Brancher pour innover » au fédéral (500 M$ sur 5 ans) ou « Régions branchées » et « Québec branché » au provincial (400 M$ d’ici 2022) ont tenté et tentent encore de compenser ce manque de rentabilité.

Devant un tel mur, plusieurs élus estriens se prononcent pour une nationalisation du réseau Internet à l'image d'Hydro Québec.

Une idée qui ne date pas d'hier puisque déjà en 2016 Martine Ouellet pressait les fournisseurs à convenir d’un pacte social pour connecter tous les Québécois, sans quoi, elle se disait prête à nationaliser le réseau Internet.

En 2018, Québec Solidaire faisait la promotion d’une idée semblable avec la création de Réseau Québec, une société d’État qui aurait pour mandat de bâtir son propre réseau de fibres optiques.

Dans "Ce que le Québec gagnerait à nationaliser Internet" (Les Affaires - 2016), la connexion Internet de tous les citoyens est nommé comme un enjeu national.  Une entreprise qui n'est pas branchée, c'est un commerçant qui est pénalisé.  Pendant cette crise du Covid19, l'enseignement, l'action communautaire et plusieurs services institutionnels ont utilisé l'Internet pour rejoindre les étudiants et les citoyens, certains ont donc été laissés au bord du chemin faute d'une connexion adéquate.

Au début des années 2000, on imaginait la nationalisation simplement en utilisant le réseau de distribution d'Hydro-Québec. Fibre optique ou câble coaxial, peu importe. L'important est de brancher toutes les adresses de la province. Puis, céder la bande passante à des revendeurs qui auront beau jeu d'offrir des forfaits sur mesure selon la clientèle ciblée.  N'ayant plus à gérer l'entretien du réseau, ces revendeurs pourraient offrir des tarifs harmonisés et plus avantageux à leurs clients. La location de la bande passante assurerait des précieux revenus au gouvernement, qui amortirait ainsi l'investissement initial, et assurerait la qualité du matériel. En combinant le réseau informatique au réseau électrique, on peut imaginer qu'une optimisation des dépenses d'entretien réduiraient la facture d'un peu tout le monde.

Ce n'est pourtant pas le chemin que les gouvernements précédents ont emprunté.

Cette crise révèle les fragilités de plusieurs pans de la société qui sont depuis plus d'une décennie décriés, mais jamais réglés.  Les CHSLD en sont l'exemple le plus triste.  Alors que le gouvernement souhaite utiliser de plus en plus le numérique pour relancer l'économie et la solidifier, force est de constater que plusieurs territoires québécois, leurs citoyens et leurs entreprises, ne feront tout simplement pas partie de cette relance.

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