La controverse de la 5G : Comprendre, réfléchir, décider ensemble

On entend bien des choses sur la 5G... Ce document de 60 pages trace un portrait détaillé des enjeux économiques, énergétiques, fonciers, sanitaires et géopolitiques. Ce qui me questionne le plus, ce sont les aspects écologiques : la fabrication des antennes et leur traitement en fin de vie, l'alimentation électrique de ces antennes, l'augmentation du nombre d'appareils mobiles, l'augmentation des objets connectés, l'augmentation du trafic sur Internet et l'impact sur la consommation énergitique des centres de données (traitement et stockage).

"Du point de vue énergétique, des données cruciales n’ont jamais été produites, empêchant de chiffrer l’impact écologique et énergétique total de l’infrastructure. Nous savons que la 5G entraînera la fabrication de milliards de nouveaux smartphones et d’objets  connectés  et  de  dizaine  de  millions  d’antennes  et  équipements  réseau.  L’énergie  et  les  ressources  nécessaires  à  cette  fabrication n’ont jamais été intégrées dans les mesures d’impacts mais tout porte à  dire  que  cela  n’est  pas  soutenable  au  vu  des  transitions  à  opérer  et  des  stocks  de  ressources  disponibles.  La  recherche  de  l’efficacité  énergétique des équipements n’est qu’une diversion par rapport à la question concrète de la fabrication des équipements, d’autant plus que ces équipements vont être multipliés du fait de la densification du réseau et que ceux-ci consommeront malgré tout plus d’électricité en valeur absolue."

L'auteur Gauthier Roussilhe invite à "orienter notre effort collectif vers l’entretien et la soutenabilité des systèmes existants".

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Joël Nadeau 1 octobre 2020 à 8:20

Je partage ici une publication de Jonathan Durand Folco qui propose trois articles sur le sujet :

1) «La gauche veut s’emparer de la 5G pour écrire un «nouveau récit politique». "Les écologistes, les Insoumis et certains socialistes ambitionnent de prendre appui sur le déploiement de cette nouvelle technologie pour mener une bataille culturelle autour de la notion de « progrès ». Et inverser les rôles avec le président de la République « start-upper ». https://bit.ly/2S98whP

2) «Le modèle amish vaut-il mieux que le modèle start-up?». "Quel rapport à la technique entretiennent Emmanuel Macron et les écologistes ? Selon l’historien François Jarrige, l’offensive en cours sur la 5G atteste la résurgence de l’idée de progrès, ainsi que l’incapacité d’inventer des rapports sociaux moins destructeurs de notre environnement." https://bit.ly/3cHp6yL

3) «La 5G, une charge contre les communs». "Alors que s’ouvrent les enchères pour l’attribution des fréquences, des centaines de millions d’euros doivent être investis par les grands opérateurs du secteur, qui comptent sur cette rupture technologique pour ouvrir de nouveaux marchés. Quel est le sens de cet événement alors qu’il n’y a pas assez de personnel pour affronter l’épidémie de Covid-19 ?" https://bit.ly/3490c7m

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Joël Nadeau 28 septembre 2020 à 9:53

Irénée Regnauld rappelle dans Alternatives économiques que le déploiement de chaque technologie "fait l’objet de rapports de force entre différentes visions politiques" et souhaite qu'on évite le déterminisme technologique : "Déployer une telle technologie sans connaître précisément ses effets sur le climat, eu égard de l’impact grandissant du numérique sur les écosystèmes, peut légitimement interroger. Nous devrions prendre le temps du débat, un temps qui n’est pas toujours compatible avec celui de l’innovation." https://www.alternatives-economiques.fr/5g-choix-technologique-choix-de-... (abonnement)

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Jerry Espada 18 septembre 2020 à 10:04

En complément, le Tome 1 de la Collection des Universitaires regroupe des textes de plusieurs professeurs sur divers sujets dont celui de la 5G, pages 63 à 65.
https://desuniversitaires.org/wp-content/uploads/2020/09/Collection-Des-...

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Jerry Espada 16 septembre 2020 à 11:07

Ce qui me questionne aussi c'est le volet socioéconomique et la protection des données.

Sur le volet socioéconomique, la 5G engage les opérateurs dans des investissements lourds très risqués qui feront augmenter le prix du forfait. Loin de favoriser la couverture égale des territoires, la 5G pourrait exacerber l’écart entre les usagers des zones rurales, périurbaines et urbaines. Une étude de Price Waterhouse Cooper identifiait que les jeunes hommes habitant en zone urbaine dense et avec un revenu supérieur à $100 000 étaient les plus intéressés par le déploiement de la 5G. Ainsi la 5G enfermera probablement les opérateurs dans un déploiement intensif en zones urbaines au détriment des zones rurales. Une guerre de l’espace urbain se jouera entre municipalités, opérateurs, acteurs privés pour déployer le réseau sans le consentement des citoyens.

Sur la protection des données, la 5G hérite des failles de la 4G et en ajoute d'autres. En effet, la 4 et la 5G cohabiteront; de plus, un haut niveau de virtualisation du réseau (déploiement accru de logiciels) et un nombre
faramineux d’objets connectés (déploiement accru de capteurs, de caméras, etc.) seront autant de points d’accès à des réseaux beaucoup plus denses et donc difficilement défendables.

Hervé Kempf, rédacteur en chef de Reporterre, a rencontré un haut fonctionnaire français impliqué dans la mise en place du réseau qui mentionnait que : « C’est un enjeu de modèle de société : la connectivité généralisée. On va multiplier énormément le nombre de capteurs. Le réseau va être capable de capter la réalité de manière totalement fine. C’est un changement de société total. » https://reporterre.net/La-5G-c-est-non

Pour le meilleur ou pour le pire? Sans doute les deux, mais dans quelles proportions et pour qui?

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Marie-France Bellemare 28 août 2020 à 10:58

Merci pour ce petit tour d'horizon des enjeux. On semble en effet loin de la sobriété technologique...

 

 

Commentaires

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