La crise climatique, ça change quoi? (Vidéos)

À tour de rôle, en 16 vidéos de 30 mn, scientifiques, penseurs, militants et artistes partagent, avec le cinéaste Hugo Latulippe, leur vision d’un monde où la société se donne comme mission réelle de préserver l’environnement et de ralentir le réchauffement climatique.

Bien sûr, ça prend de réels engagements internationaux et nationaux (vidéo), mais ça prend aussi un engagement citoyen, autant des entreprises que des individus, notamment vers plus de sobriété. 

J'ajoute ici cette vidéo d'Arte : La face cachée des énergies vertes qui aborde notamment le cas des véhicules électriques, l'un des principaux engagements du plan vert du Québec pour 2035. Doit-on dire de ce plan vert : c'est tout? Alors que des entreprises et des militants écologiques recommandaient (voir notamment le fil des commentaires de cet hyperlien) plus d'actions publiques. Cependant, même dans ces recommandations, je n'ai pas trouvé de propositions questionnant les fondements de notre système. Il faut dire que les réflexions semblaient être orientées sur des secteurs bien ciblés empêchant d'avoir une vision d'ensemble. À force de se concentrer sur chaque problème de façon isolée, on passe à côté du vrai problème.

Miser seulement sur des alternatives aux énergies fossiles pour réduire les émissions de CO2, tout en poursuivant le même rythme de croissance, est-il une impasse?  

Une fois de plus, on revient à la sobriété qui rime avec changement de système et de paradigme, comme le soulignait Alain Denault dans son entrevue à Radio Canada en avril 2020, ou dans "Les rendez-vous du monde d'après", et comme le soutient le groupe Polémos qui entend offrir dans l'espace public un contre-discours aux propositions politiques fondées sur la poursuite de notre modèle de société, telles que le développement durable, la croissance verte, l’économie circulaire, le technocratisme et l’écomodernisme.

Il y a un peu plus d'un an (septembre 2019), des manifestations scandaient "Changeons le système, pas l'écosystème" et un documentaire "Prêts pour la décroissance?" sortait en février 2020. Entre temps, la crise sanitaire a propulsé le Québec dans un souci de relance économique sans profiter du moment pour promouvoir un ralentissement de la consommation, notamment par "des changements légaux pour lutter contre la publicité, les lobbys, les grosses sociétés bancaires et les fusions d’entreprises" comme le soulignait Alix Ruhlmann, militante de la décroissance.

Dans "L'enjeu climatique, par quel bout commencer?", Edgar Morin suggère un new deal écologique comme nouveau système. Ce new deal écologique fera croître les essentiels de la vie humaine : les besoins vitaux, les produits salubres, l’agroécologie et l’agriculture fermière, les produits de consommation et d’usages locaux, l’économie sociale et solidaire, l’économie artisanale et néoartisanale, les subsides aux services publics (hôpitaux et écoles), ... ; mais il fera décroître le reste : l’agriculture industrialisée et la conservation industrialisée, les produits à la qualité illusoire (beauté, santé, jeunesse,…), les produits à obsolescence programmée, l’économie du jetable... Ce new deal dépasserait par son ampleur la dite «transition écologique» qui réduit le problème à celui du passage d’une société non écologisée à la même société écologisée.

Dans "L'après covid19 : un nouveau modèle économique?" (webinaire enregistré, voir le fil des commentaires), on parle de la notion de biens et services "protégés" répartis entre le gouvernement et l'économie sociale. Par conséquent, l'entreprise -modèle Inc- deviendrait une forme juridique secondaire occupant tout le secteur des biens et services "non protégés".

Dans "Vers un système éthique?", on trouve la proposition “Un projet de planification démocratique pour le Québecqui s'attaque à cette liberté d'accroître à l'infini et aux principales structures du système en prônant : un revenu minimum et maximum, une intervention des communautés dans le choix des productions locales, une nationalisation des grandes entreprises et du système financier. Des orientations qui s'inscrivent dans une volonté d’assurer la satisfaction des besoins humains dans le respect des écosystèmes et exigent : l’abolition des entreprises à but lucratif, l’insertion des entreprises dans les processus de planification démocratique, l’instauration de circuits courts avec un ancrage local fort

Finalement, dans "De la croissance économique à des budgets de bien-être", le Dr Trevor Hancock, professeur de santé publique à l’Université de Victoria, propose de viser une économie écologique, fondée sur 8 points centraux, tout en proposant des modèles alternatifs dont l'économie stationnaire, le beigne et le modèle de non-croissance précédé.

Je laisse la conclusion au philosophe Dominique Bourg : "depuis le milieu des années 1970, le surcroît de possessions matérielles n’apporte plus le confort (comme celui de la période entre 1950-1970 qui a permis, entre autres, de réduire les inégalités). Avoir le dernier iPhone, ça n’a rien à voir avec le bien-être. Cela ressemble plutôt à un caprice d’enfant gâté… Je ne dis pas qu’il faut devenir d’austères militants. Il faut évoluer vers plus de maturité, trouver la bonne distance dans notre relation aux biens matériels". 

Et pour creuser plus : "Penser l'Après à partir de 175 textes". Une revue Passerelles (Joël Nadeau) résumée et catégorisée. À découvrir, les catégories :

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