La croissance intenable des inégalités

Un billet signé Guillaume Hébert de l'IRIS (Institut de recherche et d'informations socioéconomiques). 

Guillaume Hébert reprend quatre graphiques tirés de l’abondante documentation rendue disponible par l’économiste français Thomas Piketty et permettant de visualiser trois grandes phases socioéconomiques qu’a connues le monde occidental depuis la fin du XIXe siècle.

  • les sociétés « propriétaristes » et profondément inégalitaires de « la Belle Époque » (1880-1914) et la longue transition dans la foulée des deux guerres mondiales (1914-1945);

  • les sociétés sociales-démocrates (1950-1980) où les inégalités connaissent un recul exceptionnel;

  • les sociétés « néopropriétaristes » et hypercapitaliste (1980 à aujourd’hui). 

En résumé, ces graphiques nous permettent de voir qu'à partir des années 80non seulement les plus riches ont vu leur revenu avant impôt exploser, mais qu’on leur demande de payer de moins en moins d’impôt sur ces revenus, ce qui contribue donc à l’accumulation du patrimoine entre les mains du 0,01%, du 0,1%, du 1% et du 10% le plus riche de la population.

Notamment, durant la décennie des années 60, les 50% les plus pauvres voient leur revenu augmenter légèrement puis se stabiliser autour de 15 000$ en 1970. Pendant ce temps, l’augmentation du revenu annuel du 1% le plus riche se stabilise pour sa part un peu autour de 450 000$ par année. On s’aperçoit donc que, entre 1960 et 1980, l’écart entre la rémunération des deux groupes est relativement stable, alors que les plus riches gagnent environ 30 fois la rémunération annuelle des plus pauvres.

Au début des années 80, le portrait change radicalement. Le revenu du centile supérieur se met à augmenter en flèche et, rendu à l’an 2000, il dépasse 1 200 000$ en moyenne. Pendant ce temps, le revenu des 50% les plus pauvres stagne à 15 000$. Les plus riches gagnent désormais chaque année environ 80 fois ce que gagnent les 50% les plus pauvres de la population.

Ces tendances sont similaires un peu partout dans le monde occidental, même si elles sont beaucoup plus marquées aux États-Unis.

Guillaume Hébert conclût que dans tout le flot d’informations et de désinformations auxquelles les populations sont aujourd’hui exposées, les données présentées par Thomas Piketty dans son dernier ouvrage Capital et idéologie devraient servir de socle à la délibération concernant les politiques de redistribution de la richesse à mettre en place dans les prochaines décennies.

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