La souveraineté numérique

Si la question de la souveraineté numérique vous intéresse, je vous invite à lire cet article de Mathieu Gauthier-Pilote, président de FACiL.

Extrait : "Le Québec et les Québécois peuvent dès maintenant agir pour éviter d’être toujours, quasi systématiquement, à la remorque des GAFAM qui décomposent le vivre-ensemble national ou de l’État fédéral canadien qui cherche à en construire un par-dessus et contre le nôtre. Un État démocratique, fédéré ou pas, peut difficilement servir le public s’il doit d’abord renoncer aux libertés qui lui permettent de maîtriser son informatique. C’est déjà beaucoup pour un État de ne pas entrer dans la dépendance de quelques grandes entreprises privées – étrangères ou domestiques – qui détiennent le contrôle et l’expertise sur le développement et l’opération de ses systèmes informatiques vitaux, mais ça ne suffit pas. Au service d’un souverain collectif dont chaque membre individuel compte pour quelque chose, l’État démocratique du XXIe siècle doit appliquer une politique qui accompagne l’ensemble de la société dans sa transition vers un monde numérique favorable à la liberté des personnes et des peuples.

À l’intérieur du cadre provincial, nous pouvons dès maintenant nous doter d’une politique globale sur le numérique – une politique qui ne relèvera pas du ministère de l’Économie et qui traitera d’autres choses que de « croissance » et d’« innovation ». L’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur peuvent transmettre des savoirs et des savoir-faire librement appropriables par tous qui façonneront chez nous une culture numérique émancipatrice. Nous pouvons donner la priorité au logiciel libre et aux standards ouverts de façon générale dans tous les projets numériques financés par le public. Nous pouvons mettre sur pied un Conseil supérieur du numérique ; nos lois de protection de la vie privée peuvent être réformées ; nous pouvons bâtir nos propres infrastructures de réseaux décentralisées ; choisir d’héberger nos données nous-mêmes, sur notre sol, avec de l’équipement que nous contrôlons au mieux grâce à des logiciels qui ne trahissent pas leurs utilisateurs ; collaborer avec nos partenaires de la Francophonie pour élaborer une vision commune de la souveraineté nationale à l’ère du numérique, notamment en rapport avec la diversité culturelle, etc."

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Annie Chénier 9 septembre 2020 à 8:59

J'ajouterai à cette phrase : « ...nous pouvons bâtir nos propres infrastructures de réseaux décentralisées ; choisir d’héberger nos données nous-mêmes, sur notre sol, » et de les structurer. La culture des données fait aussi partie de la souveraineté numérique. Si on apprend/comprend l'importance de la donnée, on pourra jouer dans les courts des grands GAFAM de ce monde. Très intéressant cet article, merci.

Commentaires

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