Réguler les activités publicitaires des multinationales

Mardi 9 juin, les trois organisations membres de Spim (Système publicitaire et influence des multinationales) : Résistance à l’agression publicitaire (RAP), Les Amis de la Terre France et Communication sans frontières (CSF) — ont publié le rapport  "Big Corpo. Encadrer la pub et l’influence des multinationales : un impératif écologique et démocratique".

Dans ce document de plus de 200 pages, élaboré avec 22 associations [1] et des experts universitaires, les auteurs décortiquent le rôle central de la publicité et la communication des multinationales dans la surconsommation, et dressent des recommandations pour réguler les activités d’influence de ces entreprises.

Les auteurs proposent d’interdire les publicités intrusives, agressives et polluantes comme les publicités rétro-éclairées, les écrans animés ou les publicités sur les monuments historiques, et de créer des espaces sanctuarisés, sans publicité, afin de garantir la « liberté de réception » aux citoyens, c’est-à-dire le droit de recevoir ou de ne pas recevoir les messages publicitaires.  Les VUS, les voyages en avion, les offres de restauration rapide, les smartphones ou encore la fast-fashion pourraient alors être concernées par des restrictions ou des interdictions de publicité et de marketing.

Les auteurs proposent aussi « la mise en place d’une autorité administrative indépendante de régulation des contenus publicitaires et de communication.  Les règles instaurées devront remettre l’information au centre de la publicité, lutter contre le blanchiment d’image et encadrer les discours afin de lutter contre l’obsolescence et l’incitation au gaspillage. »

Pour éviter les oligopoles et contrer les marques dominantes, les auteurs proposent des plafonds de dépenses publicitaires et des taxes plus importantes.  Le produit de ces taxes devra être dirigé vers des mécanismes de soutien aux médias les plus indépendants et aux discours des associations, « pour les rendre plus audibles dans la société de communication ».

Lors du lancement du rapport, le député Dominique Potier a déclaré : « Le despotisme de la publicité n’est pas qu’une question d’écologie et d’économie, c’est aussi un enjeu de démocratie, de servitude à la publicité et de justice, puisque ce sont les gens qui ont le capital culturel et économique le moins fort qui sont les plus vulnérables aux messages publicitaires.»  

La députée Delphine Batho a ajouté : « En ce moment, il est beaucoup question de souveraineté. La première souveraineté à reconquérir, c’est celle de nos imaginaires, qu’il faut libérer de l’influence des multinationales.  La prise de conscience du lien ténu entre les stratégies publicitaires et notre modèle consumériste est capitale pour s’en défaire. »

Commentaires

Pour consulter les commentaires ou pour commenter cette publication, vous devez vous connecter sur Passerelles ou vous inscrire.