Au carrefour des possibles - Quelles innovations sociales contre les injustices sociales environnementales et épistémiques ?

En prévision du colloque international du CRISES les 8 et 9 avril prochains, je recommande fortement la lecture de ce texte qui pose très bien les enjeux actuels touchant à l'innovation sociale.

Extraits :

"Loin d’être face à une voie toute tracée vers un monde nouveau, nous sommes plutôt au carrefour des possibles, que nous pouvons schématiser à travers deux pôles principaux d’innovations sociales.

Un premier pôle regroupe des innovations principalement technocentristes, souvent impulsées par des entrepreneurs, dans des formes qui articulent une visée économique et une ambition sociale ou environnementale. L’intelligence artificielle, une certaine économie de plateforme numérique et la « 4e révolution industrielle » promettent non seulement des gisements de richesse économique, mais aussi des solutions à des défis sociaux, politiques et même sanitaires ou culturels.

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Un second pôle repose sur une conception forte de l’innovation sociale qui mise au contraire sur le pouvoir émancipateur des communautés à la base, sur la coconstruction des connaissances et des pratiques et enfin sur un horizon de justice environnementale et de justice sociale

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La lutte contre les « injustices épistémiques » désigne cette attention portée aux inégalités dans l’accès, la reconnaissance et la production des savoirs, en particulier pour celles et ceux qui appartiennent à des groupes sociaux marginalisés et opprimés.

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cette conception implique de politiser l’analyse des innovations sociales en dénaturalisant les problèmes à traiter (« la pauvreté », « l’environnement ») et en analysant les rapports sociaux à l’œuvre dans l’architecture des solutions proposées

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Cette politisation exige aussi d’appréhender les innovations sociales au sein de cadres politiques et économiques qui régissent leur existence, mais qui sont aussi remis en question par elles. Enfin, dans cette conception forte de l’innovation sociale, l’exigence de coconstruction des connaissances et des pratiques interpelle les chercheuses et les chercheurs, à la lumière des injustices épistémiques, du questionnement actuel sur le rôle des universités, mais aussi des savoirs « hors universités », dans la transition socioécologique."

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Ensemble, de partout sur la planète, nous chercherons cette articulation, à l’image du triptyque « démocratiser, démarchandiser, dépolluer » proposé par Julie Battilana et Dominique Méda dans leur conférence de clôture."

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