Décroissance et souveraineté alimentaire. Convergence de valeurs, d'analyses et de... stratégies?

L’objectif principal de cet article est de faire ressortir les nombreuses similitudes entre les valeurs entre les mouvements/mouvances de la décroissance et de la souveraineté alimentaires ainsi que d’esquisser des pistes de potentielles convergences stratégiques.

Pour l'auteur les "alliances transversales peuvent être très conjoncturelles ou plus à long terme, et peuvent porter sur des politiques publiques, des budgets, etc. Par exemple :

  1. S’opposer au dézonage de terres agricoles (sans légitimer pour autant les pratiques des agriculteurs industriels ou de leurs organisations);
  2. S’opposer à l’étalement urbain sur des terres agricoles;
  3. Faire la promotion d’une diète nutritive (notamment à travers les achats publics, cantines, hôpitaux, zonages, etc.) pour des options alimentaires principalement végétales, locales et en saison. Rappelons dès maintenant les impacts négatifs très significatifs des élevages par rapport aux cultures de végétaux et de leur efficacité d’un point de vue alimentaire comme l’illustre le graphe suivant.
  4. Appuyer une politique d’achat public de terres agricoles afin de constituer une banque de terres publique inaliénable et fiduciaire pour une relève agroécologique au Québec et/ou au Canada
  5. Appuyer des politiques et des budgets pour aider les agriculteurs (nouveaux et existants) à faire la transition vers l’agroécologie et pour des productions répondant principalement à des besoins alimentaires locaux
  6. Adopter une politique de souveraineté alimentaire se concentrant sur le bassin alimentaire proche et des pratiques agricoles qui restent dans les limites écologiques.
  7. Encourager la souveraineté alimentaire et d’agroécologie plutôt que l’autonomie alimentaire
  8. Appuyer un développement et une innovation en agroécologie qui soient principalement orientés vers l’innovation sociale et agricole et de gouvernance écologique et démocratique plutôt que seulement technologique
  9. Dans le domaine de l’innovation technologique et sa diffusion, il faudrait favoriser le transfert de savoirs entre agriculteurs, valoriser plus le savoir des agriculteurs et s’assurer que les experts scientifiques ne soient pas à la remorque du secteur agroindustriel
  10. Le type de technologie ou de techniques choisi devrait renforcer le contrôle par les agriculteurs (plutôt que d’amplifier leur dépendance sur les produits vendus par l’agrobusiness), être facile d’utilisation et d’entretien, avoir un design qui facilite des réparations plus facilement, qui permet des adaptations et améliorations in situ et qui n’augmente pas les impacts négatifs sur les écosystèmes agricoles et autres."

Et les acteurs.trices de la transition peuvent être constitué.e.s de 4 bases sociologiques:

  • les paysan.ne.s
  • les mangeurs.euses en milieu urbain qui recherche une alimentation plus écologique
  • les municipalités qui créent un maillage social, économique et éventuellement politique plus serré entre mangeurs/mangeuses urbains et les initiatives plus écologiques dans les milieux ruraux
  • les travailleurs syndiqués et non syndiqués

Cet article est fort intéressant, tant pour son analyse critique que pour les pistes de solutions proposées pour initier de réelles transformations systémiques de notre système alimentaire.

Commentaires

Pour consulter les commentaires ou pour commenter cette publication, vous devez vous connecter sur Passerelles ou vous inscrire.