Il est temps

En 2019, les bibliothèques de mon milieu de vie avaient été nombreuses à s’associer d’une façon ou d’une autre via leur page Facebook à la manifestation monstre de la Journée mondiale de mobilisation pour le climat qui avait attiré des centaines de milliers de personnes au centre-ville de Montréal.

L’année suivante, bouleversement de la pandémie oblige, elles se sont fait plus que discrètes. Et en 2021 ? C’est malheureusement encore le cas : aucune des 12 bibliothèques publiques de ce territoire ne mentionne la manifestation de demain sur sa page Facebook ni même, en ce mois de mars, la thématique de l’environnement à l’exception notable de la bibliothèque Marc Favreau qui invite sur sa page Facebook à participer aux ateliers Montréal ZéN organisés par Le Front commun pour la transition énergétique, en collaboration avec des organismes locaux. Pourtant le 10 décembre 2020, la Ville de Montréal dévoilait son plan climat 2020-2030. Ce plan prévoit au moins deux mesures de sensibilisation (Actions 8 « Sensibiliser la population montréalaise à la transition écologique en priorisant la résilience des personnes en situation de vulnérabilité » et 42 « Mettre en œuvre un programme de gestion du changement pour le personnel »).

Cette discrétion et cette absence relative de cohérence dans l’engagement de nos institutions est à mettre en contraste avec cette déclaration de l’entrepreneur social et chercheur en études des transitions pour le développement durable, Joseph El Khoury, qui s’exprimait ainsi dans le cadre d’une série de conférences organisées par la Coalition Climat, vendredi 12 mars 2021 :

« L’éducation aux changements climatiques et à la justice sociale devrait se faire partout dans les bibliothèques ».

Mes observations témoignent que les bibliothèques sont loin de ne rien faire en la matière mais leurs actions sont-elles bien conscientes, sont-elles suffisamment concertées de façon à produire l’impact collectif souhaité – au moins en parole – par nos élus d’un côté et par nos chercheurs et activistes de l’autre ?

Il semble qu’il faille encore y travailler. Nous avons collectivement la responsabilité d’éduquer de mobiliser et d’agir avec force sur le changement climatique. Le temps presse, l’avenir est déjà là, il n’est pas particulièrement rose et la pandémie nous a rappelé que la pensée magique était bien présente parmi nous et qu’elle pouvait faire des dégâts bien réels.

Il est grand temps de se mobiliser et de développer avec force et dans toutes les sphères de notre société québécoise les programmes éducatifs et autres mesures qui permettront à davantage de québécois et québécoises d’interpréter correctement ce qu’ils et elles vivent et de rassembler leurs idées et leurs forces pour une vie qui vaut la peine d’être vécue pour eux-mêmes et leurs enfants. Nous avons la chance d’être plutôt bien outillés au Québec. Plusieurs sont à l’œuvre depuis des décennies et peuvent nous inspirer et je suis convaincue que nous pouvons même montrer le chemin à d’autres. Alors qu’attendons-nous pour nous y mettre vraiment dans nos bibliothèques ?

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