Réduire notre dépendance à l’automobile, le défi des prochaines décennies

Le 20 février dernier, le mouvement Laval en Transition tenait un atelier sur "la difficulté psychologique à se départir de sa voiture" afin de sensibiliser la population sur ce grand défi collectif vécue dans les villes de banlieue. Un défi existant aussi dans les milieux ruraux. 

Jérôme Laviolette, spécilaliste UnpointCinq de notre dépendance individuelle et collective à l'auto signe plusieurs articles sur le sujet. Voici deux résumés.

1- Pourquoi on l’aime tant, notre voiture?  Plus rapide, plus efficace, plus confortable, plus pratique et plus fiable que les autres modes de transport. Une forme de bulle, une extension de soi-même qu’on contrôle et dans laquelle on se sent en sécurité, libre d’aller où l’on veut, quand on le veut. Tout simplement, elle permet le déplacement. Psychologiquement, elle offre des avantages affectifs et émotionnels considérables. Égocentriquement, elle met de l’avant notre style de vie, notre personnalité et même notre richesse ou notre réussite. 

A contrario, le transport collectif ou le vélo ne procurent pas d'avantages affectifs et émotionnels et peuvent même être reliés à la pauvreté et à l’échec social.

Jérôme propose de miser sur une publicité du transport actif et collectif par l'image et de taxer les publicités d'automobiles. Le trio métro-vélo-Communauto pourrait mettre de l’avant un style de vie mêlant liberté, indépendance et plaisir qui témoignerait aussi d'une conscience environnementale et sociale. Une taxe sur les publicités de véhicules énergivores à essence permettrait de financer des campagnes de promotion de la mobilité durable.

Sur les taxes publicitaires, voir le fil des commentaires dans "Réguler les activités publicitaires des multinationales".

2- 4 arguments massues pour reconsidérer notre autosolisme. Choisir de vivre sans voiture est le geste le plus important qu’on puisse faire individuellement pour réduire notre incidence sur le climat. Pourquoi un tel choix?

  1. Ça coûte cher! 10 200 $ par an en moyenne!
  2. Pour la santé. En réduisant les risques d’obésité, de maladies diverses et en ayant un effet positif sur la santé mentale.
  3. Moins de frustrations. Éviter de : trouver une place de stationnement, de déneiger, d'avoir une contravention, la congestion... 
  4. Pour le bien-être des autres. Réduction de la pollution sonore (qui affecte la quiétude et la santé psychologique) et de la pollution de l’air (risques de maladies respiratoires), apaisement des quartiers (plus sécuritaires). 

Cette chronique du Soleil "L’affection pour l’automobile, une question générationnelle" se base sur le volet circulation de la 9e édition annuelle du rapport mondial sur les tendances de Sheryl Connelly, Chef futuriste chez Ford Motor Company.

On peut lire dans ce rapport que les ventes de voitures ont explosé, car les gens recherchent la sécurité en sachant qu'ils peuvent contrôler leur environnement. Quelques extraits :

  • «Je ne peux pas imaginer une vie sans avoir ma propre voiture.» 76 % des propriétaires de véhicules sont en accord avec cette affirmation. Mais plus les gens sont agés, plus cette proportion augmente.
  • «Je préfère que mes enfants roulent dans un véhicule autonome plutôt que de rouler avec un inconnu.» 75 %
  • 60 % disent :  "J'ai besoin de moins de véhicules."

Comme le soulignaient les participants de la journée sur la mobilité durable lors du Forum national de l'action climatique :

  • On doit miser sur une approche globale de notre vie en société et non seulement sur l'offre de transport.
  • Il faut avoir une vision à long terme à la fois sur la mobilité et le développement territorial. Dans ce sens, la vision doit se porter sur l'ensemble du territoire, sans frontière entre les MRC et municipalités.  
  • À court terme, le "cocktail de transport" fait partie de la solution, notamment en région. 

En complément sur Passerelles voir plusieurs commentaires dans Aménagement urbain, apaiser les conflits

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