Repenser la société pour réaliser une véritable transition

Tant que l’autonomie des territoires, la répartition des ressources et des fruits du développement, la coopération entre les acteurs et surtout les limites d’un système économique reposant sur la valorisation abstraite du capital (financier) ne seront pas questionnées, on ne pourra pas parler de véritable « transition ».

C'est la conclusion de l'article de  : "Hydrogène : quelle place pour les territoires dans l’élaboration d’une société bas carbone?" qui affirme que la « transition énergétique » telle qu’envisagée par les États développés (influencé par les lobbies du pétrole, de l'automobile, des banques...), et basée sur la production industrielle de moyens coûteux et complexes, tels que l’hydrogène, est le meilleur moyen de parler de transition… sans la réaliser.

L’exemple des voitures hybrides est éloquent : plus d’intensité matérielle (quantité de matières premières consommées pour produire une valeur donnée), plus chère, hyperconsommatrice de métaux critiques qui sont déjà presque tous en tension, comme le souligne le rapport 2020 de la Fédération européenne pour le transport et l’environnement. Nous ne pouvons pas faire l’économie d’un questionnement d’ordre systémique : voiture individuelle ou transports en commun? Quel dimensionnement et quel poids ? En propriété individuelle ou en communauté? Et, surtout, pour quel motif de déplacement?

Une véritable transition énergétique ne pourra se faire sans repenser la société et surtout sans envisager les modalités d’accompagnement d’une « descente énergétique » ; c’est-à-dire une décroissance progressive de la production et de la consommation énergétique mondiale qui ne conduise pas, comme c’est le cas pour le pétrole, à des conflits internationaux et des guerres civiles.

Cet article fait notamment référence à 2 projets de recherche menés sur la filière hydrogène TETHYS et ARTEMIS dont la question était : « Pourquoi les nouvelles technologies (la blockchain, l’Internet des objets, l’hydrogène...), annoncées depuis une dizaine d’années comme étant les solutions de transition vers une société dite « bas carbone », n'ateignent pas cet objectif; et, surtout, pourquoi n’irriguent-elles pas les territoires « par le bas », c’est-à-dire au niveau des acteurs locaux (citoyen.ne.s, PME, municipalités)? »

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