Changer d'échelle: penser et agir la transition socio-écologique à partir du quotidien

Crédit: Regroupement des cuisines du Québec (FB)

"Et s’il fallait partir de l’espace domestique, du quotidien et de la maisonnée pour (re)penser toutes les dimensions de la catastrophe écologique ? Plusieurs mouvements féministes des années 1960 ont insisté sur la nécessité de considérer le privé et le personnel comme politique. Geneviève Pruvost renouvelle ce champ d’interrogations en articulant perspectives féministes, subsistance et reprises de terres"

  • La modernisation a provoqué la privatisation de l'espace privé
    • nos maisonnées n'ont jamais été aussi vide et envahit de marchandises industrielles achetées
    • la destruction du tissus paysan n'a pas seulement tué la petite paysannerie, il a fait disparaître les ateliers vivrier, les cuisines-ateliers où "femmes et hommes, enfants et viellard.e.s, voisins et voisines traficotaient des tas de trucs en se racontant leur journée." où les maisonnées étaients "des lieux de transformation, de fabrique d’outils, de stockage et d’échanges de biens en circuit court..." ou on refaisait le monde en discutant et en travaillant de nos mains
    • La moderniné nous a amené à diviser nos vies en divisant nos vies et nos activités "dédier un espace à la réunion politique, un autre au travail rémunéré, encore un autre à la sphère domestique "
  • Pour reconstruire nos maisonnées

    • "Il peut être alors inspirant de regarder du côté des sociétés paysannes, des peuples autochtones, des collectifs d’activistes les plus égalitaires et des régions où se concentrent de néo-paysan.e.s-artisan.e.s, afin de réévaluer le potentiel de redistribution que permet la polyactivité relocalisée. "

    • "La participation collective et quotidienne au métier de vivre consiste à ne pas déléguer le soin de nous nourrir, de nous vêtir, de nous loger, de nous chauffer à des classes laborieuses, que ce soit sous nos latitudes ou dans des usines délocalisées, ni de réserver aux paysan.es du sud, la peine de nourrir, vêtir, loger, chauffer des ouvrier.e.s en bout de chaîne de production."

    • "Cela implique donc que nous participions concrètement à la fabrique de nos besoins de base"

  • Pour des reprises de terre féministes

    • "Dans les maisonnées à réinventer, il ne s’agit, certes, pas de savoir tout faire en vertu d’un modèle paysan fantasmatique d’autosubsistance accomplie (...), mais de relancer des circuits denses d’interconnaissance active en prise avec un milieu de vie."

    • "L’enjeu  n’est ainsi pas seulement de favoriser l’augmentation du nombre de candidat.e.s aux métiers paysans et artisanaux, mais de proposer une réforme foncière d’ampleur qui donne accès à tout le monde à des parcelles de terre arable."

    • "La sweat equity (l’égalité dans la sueur du labeur) implique que chacune et chacun prenne en charge une partie de sa subsistance, en créant des maisonnées où le travail peut être réparti sur un collectif."

    • "Il n’est en tout cas pas possible de déléguer à 1,5% de la population active le soin de nous nourrir convenablement. (...)  On ne peut pas demander à la poignée de producteurs.trices bio en vente directe de s’épuiser à réaliser notre rêve de monde reterritorialisé."

    • "Pour résorber de telles disparités, la répartition du travail de subsistance (...) doit prévoir toutes sortes de collectifs (cuisines-atelier, maisonnées rurales et urbaines, coopératives, travail associatif, municipalisation, nationalisation) (...) Se réapproprier l’espace-temps de notre subsistance élémentaire implique de repenser les conditions d’accès au foncier, de revoir de fond en comble le système de hiérarchie entre travail manuel et intellectuel, maisonnées et agora."

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