Habiter la transition: Pratiques de transition et autonomie (vidéo/audio)

Par le Réseau critiques développement durable.fr | "L’atelier “Habiter la transition” souhaite mettre à l’épreuve la notion de transition par les pratiques. Lors de cette séance, nous tenterons d’approfondir la question de l’autonomie, comme enjeu plus ou moins ouvertement affiché par nombre d’initiatives qui « préfigurent » en pratiques la transition écologique.

  • En écho aux écrits d’I. Illich, A. Gorz, C. Castoriadis ou S. Zizeck, plusieurs travaux abordent cette question aujourd’hui.
    • On pense évidemment, à ceux de Luc Semal sur les villes en transition et la nécessité d’autonomie qu’elles impliquent pour faire preuve de résilience ;
    • ou ceux réalisés avec Mathilde Szuba sur la décroissance, les Crag’s ou sur les dispositifs de rationnement qui ont tous à voir avec les questions d’autonomie.
    • On peut se référer à ceux menés par Sylvaine Bulle, qui approfondit de manière rigoureuse la question de l’autonomie dans l’expérience des ZAD, en tant que grammaire du politique ;
    • ou encore plus récemment, la recherche menée par Franck Poupeau en Bolivie sur les relations entre auto-organisation communautaire et autonomie des dominés, qui associe pratique assembléiste de la politique, forme de souveraineté sociale fondée sur le pouvoir des usagers et norme conflictuelle vis-à-vis de l’État et du marché.
    • Pour sa part, Laura Centemeri, dans le cadre de ses recherches sur le mouvement de la permaculture en Italie, s’intéresse aux travaux pionniers de Johan Galtung sur la « self-reliance » ainsi qu’aux débats italiens sur le développement territorial et aux propositions « territorialistes », dans le cadre de la nouvelle « question » nationale, celle des aree interne.
  • Au cours de cette journée, l’objectif est celui d’explorer les multiples déclinaisons écologiques de la problématique de l’autonomie, du plan personnel, jusqu’à celui d’une communauté et d’un territoire.
    • Marc Breviglieri porte aujourd’hui son attention sur les spécificités de l’habiter des écosystèmes écologiquement fragiles, notamment les milieux oasiens.(...)
    • Elise Demeulenaere reviendra pour sa part, sur les débats et les fortes tensions traversant les mouvements pour la réappropriation paysanne de l’agrobiodiversité, notamment en raison de la reprise de ces questions par les institutions européennes.
    • Elena Apostoli Cappello discutera l’idée d’autonomie dans deux contextes, celui des luttes indigènes zapatistes et celui des mouvements autonomes italiens qui s’en inspirent .
    • Enfin, Geneviève Pruvost clôturera la journée en évoquant les “pratiques d’entre-subsistance écoféministe” qui portent un travail “critique en acte de la vie quotidienne”.
  • Ces regards montrent ainsi comment les pratiques peuvent mettre à l’épreuve la rhétorique de la transition écologique
    • et soulignent aussi la difficile articulation entre expérimentations socio-écologiques pionnières et politiques publiques de transition environnementale.
  • Plus largement, cette journée d’atelier pourrait confronter différentes approches (écologie politique, écoféministe, etc.), mais ce sera surtout l’occasion de discuter ce croisement problématique transition-autonomie par le biais des pratiques communalistes, écologiques, survivalistes, “ZADistes”,  etc.
  • Ceci, dans leurs dimensions individuelles et collectives à travers les formes qui s’y développent, de mobilisation, de don, de rationnement, du “prendre soin”, de subsistance, etc.

Ce serait une manière de problématiser autrement les liens entre autonomie et hybridations et de revenir ainsi sur des terrains qui sont le plus souvent abordés sous le rapport autonomie vs domination.

10h Introduction de Laura Centemeri (audio/vidéo)

  • Marc Breviglieri[3] et David Goeury[4] : deux approches des figures de l’autonomie en contexte oasien :
    «  Les arrière-plans cosmologiques de l’autonomie » (M. Breviglieri) & « Communs, réaterrissage et enracinement : discussion de trajectoires d’agriculteurs oasiens » (D. Goeury) (audio/vidéo)
  • Élise Demeulenaere[5] : « Ambiguïtés de l’institutionnalisation des semences paysannes et repositionnements d’acteurs » (audio/vidéo)

Après-midi (14h00 – 17h) :

  • Elena Apostoli Cappello[6] : « Autonomie, territoire et environnement : Circulations et perméabilité des logiques politiques locales en Nord d’Italie » (audio)*
  • Geneviève Pruvost[7] : « Pratiques d’entre-subsistance : approches écoféministes et ethnocomptable » (audio/vidéo)

* Elena Apostoli n’a pas souhaité mettre en ligne la vidéo de sa communication.

[1] Chargée de recherche au CNRS et membre du Centre d’étude des mouvements sociaux (CEMS)
[2] Maître de Conférences HDR à l’Université du Littoral (ULCO), codirecteur de l’UMR 7218 LAVUE et membre de l’équipe de recherche ALTER (Université Paris 8).
[3] Professeur à la Haute école de travail social (Genève)
[4] Professeur agrégé à l’INSPE de Paris ,Docteur en géographie et membre du laboratoire Médiations Sciences des liens, sciences de lieux (Unité de Recherche de Sorbonne Université).
[5] Chargée de recherche au CNRS et membre du Centre Alexandre-Koyré (UMR 8560 EHESS/CNRS/MNHN)
[6] Post-Doctorante à l’Université de Rome – La Sapienza et associée au IIAC (EHESS-Cnrs)
[7] Chargée de Recherche CNRS HDR et membre du Centre d’étude des mouvements sociaux (CEMS)"

Commentaires

Pour consulter les commentaires ou pour commenter cette publication, vous devez vous connecter sur Passerelles ou vous inscrire.